Hello Jules, donc c’est toi le « chef d’orchestre » du projet Artjacking, c’est ton intiative ?
Oui, je suis le « chef d’orchestre » du collectif Artjacking France, j’aime bien cette image qui est celle d’identifier mon crew à un orchestre.
On fonctionne un peu de la même manière, tous ensemble. Du graphiste au rappeur en passant par le photographe… On joue tous la même symphonie avec des instruments différents.
J’ai monté ce collectif à Paris en février 2008 avec Cruzer, Livio Mosca, Jean Granon et les Zetrei bébé (Pablo Bourriot, Syrine Boulanouar et Antoine Durand), ça fait donc 2 ans déjà. On commençait à organiser des soirées à Paris, Cruzer rappais, Livio faisait du son et les mec du Zetrei travaillaient déjà sur des clips pour le groupe Minitel Rose.
On a voulu réunir le travail de chacun sous un même nom. En plus c’est toujours cool d’appartenir à une équipe, ça stimule. Aujourd’hui on est 12, bientôt 13 et on a même une petite stagiaire. Hein Jean ?
Artjacking touche à l’art, la musique et le graphisme. C’est un collectif artistique ?
C’est exactement ça, nous sommes un collectif artistique. Musique, graphisme, vidéo, photographie, événementiel…
Nous essayons d’être présents sur tous les fronts.
De toute manière tous ces arts se complètent parfaitement.
Si tu fais de la musique, à un moment donné, il te faudra un clip, il te faut des clichés pour illustrer, puis il faut créer des événements, faire des lives, se faire découvrir et surtout faire la fête… et si tu crées un événement, il faut un travail de graphisme qui va avec …ect. Artjacking est un cercle vertueux. On a toutes les cartes en main pour avancer.
Qui sont les artistes qui composent Artjacking ?
Je vais te parler de tout le monde pour ne laisser personne sur la touche.
Pour le moment nous sommes 12 membres plus ou moins actifs.
Cruzer Ivory, rappeur. C’est un mec du neuf-quatre qui s’applique à démontrer qu’il y a autre chose en France que le rap racailleux.
Capable de rapper sur de l’électro comme sur du dirty south.
Humour décalé, métaphores palpables, un rap à la Lupe Fiasco.
Et un rappeur français qui a du style, c’est assez rare pour être souligné. Un temps d’avance sur le Hip Hop français. Il est ailleurs, sur Pluton, en 2210.
Que tu aimes le rap ou pas, tu aimeras Cruzer.
Rhaft: Producteur/DJ
Il a commencé à l’âge de 8 ans par la danse Hip Hop New Style avant de se consacrer au beatmaking et à la production.
C’est un génie de la MPC, il signe la plus part des prod de Cruzer en restant très influencé par la musique électronique.
Il a une identité artistique underground qui est due à ses sets sombres et expérimentaux.
Mélangeant samples et composition allant du hip hop à la funky house sur des distorsions parfaitement maîtrisées, il est l’homme qu’il te faut pour bousculer tes soirées.
Si tu passes vers St Lazare, sonne chez lui et regarde le dompter sa MPC.
Il y a ensuite les photographes, Ludovic et Sylvain.
Ashraf notre chroniqueur, Syrine et Pablo nos réalisateurs et Livio membre de l’ex groupe « These Blackholes » qui touche un peu à tout; video, photo, musique.
Pierre s’occupe des relations publiques et de la partie événementielle dans la ville de Lyon.
Jean est notre graphiste et directeur artistique. Bon il fait partie de la direction mais c’est un artiste à part entière.
Clémence la stagiaire.
Et moi, qui m’occupe de tout le reste; management, communication, booking, événementiel…
Nous allons également signer un petit nouveau dans la branche électro, Rocket Pocket, 17 ans.
Si tu fais de la musique, à un moment donné, il te faudra un clip, il te faut des clichés pour illustrer, puis il faut créer des événements, faire des lives, se faire découvrir et surtout faire la fête… et si tu crées un événement, il faut un travail de graphisme qui va avec …ect. Artjacking est un cercle vertueux. On a toutes les cartes en main pour avancer.
Comment s’est formée cette jolie bande ?
Le plus simplement du monde. On habitait tous à Paris, j’ai rencontré Cruzer lorsque je bossais chez Aimecube, Livio était un pote d’enfance et les mecs de Zetrei étaient des potes de mon ex petite copine. Je recherchai un graphiste pour le crew et j’ai retrouvé Jean Granon sur myspace, qui est le petit frère d’une amie d’enfance. On a accroché tout de suite.
On a commencé à trainer et sortir tous ensemble. On a voulu s’allier artistiquement pour peser plus lourd et pour que Artjacking entre dans les esprits quelque soit le moyen d’expression.
On est une famille avant tout. C’est une bande de potes. On privilégie vraiment le côté relationnel et le côté humain avant le côté artistique.
Pourquoi avoir choisi ce nom « Artjacking » ainsi que la pie comme logo?
Ah, alors c’est toujours délicat ces histoires d’identité, de trouver un nom, un logo etc… Le nom est arrivé vite, j’étais en pleine période ou je matais François l’embrouille en boucle et ses délires de « car jacking » nous ont donné des idées.
Cruzer te dira que c’est lui qui a trouvé le nom mais moi je crois bien que c’est moi. Allez c’est bon on lui accorde quand même.
Donc « Artjacking », il faut voir ça avec l’image qui est celle d’investir le milieu artistique, un peu par la force, on arrive et on demande rien à personne quel que soit le domaine ciblé. On est un peu violent. Comme pour un car jacking donc.
En ce qui concerne le logo on a attendu quasiment deux ans avant de le trouver. La pie est réputée pour être voleuse, ça collait bien à l’image de Artjacking, pas dans le sens où on est des voleurs mais dans le sens littéraire du mot, dans le sens où on vient braquer l’art. « Jacking » = vol
De plus la pie est élégante, on voulait un truc distingué et passe partout mais qui avait un certain sens et un certain rapport avec « Artjacking ».
L’idée du collectif semble un peu désuet pourtant vous semblez proposer quelques chose d’inédit, qu’est ce qui marque votre différence avec ce qui peut déjà se faire ?
Je ne prétendrais pas que l’on propose quelque chose d’inédit, on essaye de faire des trucs cools, dans lesquels on va prendre du plaisir. On produits nos artistes, on organise nos soirées en y invitant des têtes d’affiche. On essaye d’allier l’électro au Hip Hop.
Le point peut être un peu « inédit » c’est qu’on essaye d’étendre les soirées Artjacking dans plusieurs villes de France. On aurait pu se cantonner à Paris mais on organise des soirée à Lyon, à Dijon et on va encore conquérir de nombreuses villes. Un peu comme dans un jeux de guerre.
On sent deux fortes influences chez Artjacking : Le hip hop et l’electro. L’amalgame est déjà fait, on en parle beaucoup, mais comment allez vous concilier ces deux passions ?
Écoute Cruzer, écoute Rhaft. Ce sont les deux preuves les plus démonstratives de notre travail entre l’électro et le hip hop.
Leur musique parlera bien plus que mes paroles.
Cruzer fait du hip hop, Rhaft fait de l’électro, et le résultat de ça est la réponse à ta question.
Il y a une passerelle entre tous les genre musicaux de toute manière, rock, hip hop , électro, saoul … Aujourd’hui on est entre rap et électro en terme de production parce que se sont nos délires du moment mais ça évoluera certainement avec le temps. On est ouvert à plein de choses.
En quoi consistent les évents Artjacking ?
Pour le moment les évent Artjacking sont uniquement des soirées en club.
On choisit une ville, un club, on présente un plateau, on book généralement une ou deux tête d’affiche indépendantes de Artjacking et on complète le truc par un artiste de chez nous ou un mec qui débute afin de le faire connaître.
On essaye de faire jouer les artistes dans des villes ou ils n’ont pas spécialement l’habitude de jouer. Comme les mecs de chez Youngunz à Lyon ou Teki à Dijon par exemple. On essaye de créer un certain engouement chez le public. On travaille aussi beaucoup sur la communication de nos événements. On insiste vraiment sur l’aspect visuel quitte à refaire un flyer 10 fois. On est assez pointilleux sur les détails. Ensuite fait en sorte d’être diffusé et vus par le plus grand nombre de personne afin de marquer les esprits. On passe donc par facebook mais on s’associe aussi à des magazine comme Shoes Up, Clark ou encore Brain ou Maelstrom.
Pour nos soirées aux Disquaires on aime bien programmer un live Hip Hop parce que l’endroit est assez petit et la température peut vite grimper si le public est réceptif.
Et pour le reste c’est comme d’habitude, tu bois, tu danses, tu choppes… Tu fais c’que tu veux quoi.
Comptez vous décliner ce concept dans d’autres contextes que celui des night-clubs, des expos etc … ?
C’est quelque chose qui à terme sera indéniable. On a un graphiste et des photographes, on a des projets d’expo photo en cours, on y viendra donc forcément.
Vous tournez déjà pas mal en France alors que le projet est tout récent, une exportation d’Artjacking à l’étranger est envisageable ?
Bien sur que c’est envisageable. On a quelques connexions à Bruxelles et à Londres. Pierre, notre responsable des relations publiques est en Espagne pour 5 mois. Il y a de quoi faire même si ce n’est pas encore d’actualité. Mais bon, ça va tellement vite. Alors oui, pourquoi pas.
Le collectif peut être un palier, peut on envisager une mutation vers un label, une agence … ?
Vers un label, à terme c’est le but.
Merci Jules d’avoir répondu à ces quelques questions et de nous en avoir dit plus sur ce projet très prometteur !
Merci à vous.
Et je lance un appel, si t’es un DJ, un producteur, un graphiste, un rappeur, un réalisateur, un photographe, un booker, un patron de boite, de label, que t’as une marque de fringue, un magazine… et que tu veux collaborer avec Artjacking, tchek moi : julesfauvey@artjackingfrance.com
C’est désormais une tradition, nos invités on droit à un petit espace d’expression sur le blog.
Jules a choisit de nous partager ses coups de cœur du moment.
Ça commence par un coup de cœur Hip Hop : Joke le jeune rappeur de Montpellier signé sur le sous-label d’Institubes : Stunts
Coup de cœur électro : The Déficient
Deux mix coolos : Erisu : ICI // Arthur King : ICI
Un truc pour t’amuser : designbyme.lego.com
Les sites des copains : caligulashots.com // sourcedecalcium.com // ludoviczuili.com
+ infos artjackingfrance.com
Cruzer : myspace.com/colorcruz
Rhaft : myspace.com/rhaft
Rocket Pocket : myspace.com/invadersrocketpocket